Trains et péripéties
- Orikalque
- 1 juil. 2025
- 3 min de lecture
Il semblerait que le destin aie voulu que mon premier véritable post sur ce site soit ce qu'il soit. Mais bon.
Aujourd'hui, j'ai vécu un voyage en train... particulier. J'ai donc écrit un petit mot à la société de chemin de fer. Et comme je me suis beaucoup appliqué dans la rédaction, je me dis qu'il est trop dommage de le laisser ce perdre.
"Bonjour,
Je pense que vous allez recevoir, ou avez déjà reçu, un nombre conséquent de messages suite à la situation ferroviaire d'aujourd'hui. Mais je vous rassure : le mien sera sans animosité ni colère ! J’espère même réussir à égayer un peu la journée de la personne qui devra le traiter.
Notre histoire commence à Bruxelles-Schuman, en un (trèèèèèèèèèèès) chaud mardi 01/07/2025 (je vous écris la date, mais en vrai je dois la remplir plus bas), où je découvre que le train reliant Bruxelles à Arlon, celui que je prends habituellement, a 10 minutes de retard. Bon, jusque-là, rien d’alarmant. Mais quand je me décide à regarder l’application pour en savoir plus, je découvre que le train n’est composé que de 5 wagons au lieu de 10. Je commence alors à comprendre l’origine du problème (c’est une situation assez fréquente sur cette ligne, que ce soit le matin ou le soir, d’ailleurs).
Rapidement, le train accumule de plus en plus de retard, au point que je me demande si je ne vais pas plutôt prendre le train reliant Bruxelles à Liège-Saint-Lambert, même si cela implique une correspondance à Namur.
Une course folle s’engage ! Qui va arriver en premier ?! Arlon ou Liège ?! Le suspense est à son comble et... finalement, c’est Liège qui l’emporte !
J’avais un peu l’impression d’assister à une bataille acharnée entre Max Verstappen et Charles Leclerc… mais version ferroviaire.
Une fois dans le train, on invite fortement les voyageurs qui en ont la possibilité à prendre un autre train, partant de Bruxelles-Luxembourg vers Dinant. Étant donné le manque de place et le taux d’oxygène disponible qui était inversement proportionnel au taux d’alcoolémie de Gérard Depardieu, j’ai décidé de suivre ce conseil. Et voilà donc l’entrée d’un troisième concurrent dans la course entre Max et Charles ! Disons Lando Norris (je n’y connais rien en F1, je viens juste d’aller chercher un nom sur Internet. J’aurais voulu mettre une femme à l’honneur, mais apparemment il n’existe pas encore de Grand Prix de Formule 1 entièrement féminin, ce que je trouve vraiment dommage).
Le train avait du retard, une composition très réduite, et une bonne partie des wagons était réservée à une classe scolaire.
La professeure (dans son droit) est entrée en scandant un grand « VEUILLEZ VOUS DÉPLACER, CE WAGON EST RÉSERVÉ ! ». Elle aurait au moins pu dire bonjour, mais ça vous n’y pouvez rien.
Cependant, le mélange "moins de wagons + wagons réservés par des écoles", deux jours d’affilée, est tout de même difficile à encaisser. Heureusement, une accompagnatrice s’est montrée vraiment compatissante et a dédramatisé la situation avec beaucoup d’humour, ce qui était très agréable.
Je me rends compte que ce message commence à être long. Si vous me répondez et que vous avez lu jusqu’ici, essayez de placer le mot « coloquinte » dans votre réponse !
J’arrive enfin à Namur. La correspondance a 20 minutes de retard, ce qui me laisse tout le loisir d’observer une personne jouant du piano, vêtue d’un drôle de costume. Si j’avais été dans un jeu vidéo, je serais allé lui parler, et elle m’aurait sans doute donné une quête consistant à retrouver ses amis troubadours, en échange d’objets que je n’utiliserais jamais (une plume de rouge-gorge, probablement). Je vous laisse découvrir la courte vidéo que j’ai jointe en guise de preuve. (Je ne peux malheureusement pas la joindre ici).
Bon, j’ai finalement pu rentrer chez moi après 3 heures de trajet. Je ne vais pas vous mentir : il s’agissait probablement du pire trajet en train de ma vie (et pourtant, le combo "au moins 118 places réservées par des écoles" + "train en panne à Namur" d’hier avait déjà beaucoup de potentiel).
Mais tout va bien ! Il fait (trop) beau et j’ai pu regagner mes pénates (sans la plume de rouge-gorge, je n’ai pas accompli la quête secondaire). Je ne retenterai pas l’expérience demain : je serai en télétravail, car j’ai un rendez-vous chez le dentiste en fin d’après-midi (je ne sais pas trop ce que je préfère, au final…).
J’espère que les autres navetteurs ne vous auront pas trop bombardé de messages discourtois et haineux, vous ne méritez pas cela.
Cependant, j’espère aussi que des améliorations seront apportées à l’avenir.
Si vous avez eu cette patience, je vous remercie pour votre lecture et la prise en considération de mon message.
Une excellente journée à vous !"


En lisant ce récit plein d’humour, j’ai d’abord pensé à la simplicité et au côté pratique que j’aime retrouver sur https://www.homefitzone.fr/, parce qu’ici aussi, malgré la situation chaotique, on sent une vraie envie de positiver. Ce témoignage de voyage en train est aussi drôle que parlant : on y retrouve les retards, les changements de quai de dernière minute, les trains raccourcis… tout ce que connaissent si bien les usagers du rail. Mais la façon de le raconter transforme une galère en histoire presque cocasse, avec des images très vivantes, comme cette course imaginaire entre différents trains façon pilotes de F1.
J’ai particulièrement apprécié la manière dont chaque scène est décrite avec justesse : la chaleur écrasante, les wagons bondés,…